Sommaire de la page
  1. Qu'est-ce qui rend un aileron de surf performant ?
  2. Poids statique ou poids dynamique : le critère qui compte
  3. Portance et traînée d'un aileron : ce que disent les courbes
  4. Valeurs comparées de deux profils d'aileron (Heliciel)
  5. Un aileron plus fin est-il plus rapide ?
  6. D'où vient la relance : la portance projetée vers l'avant
  7. Les critères d'un set d'ailerons performant
  8. Questions fréquentes

Qu'est-ce qui rend un aileron de surf performant ?

Un aileron de surf performant se juge en action, pas sur la balance : il doit accrocher (portance) quand la trajectoire se courbe, freiner le moins possible (traînée) en ligne droite, ne pas décrocher dans les virages serrés et transformer les mouvements du surfeur en accélération. Entre deux ailerons, l'écart de poids statique dépasse rarement 0,1 kg ; l'écart de « poids dynamique », c'est-à-dire de résistance à l'avancement dans la vague, va de 70 g à 900 g par aileron selon que son cambre et son incidence suivent ou non la direction de l'eau. C'est ce critère, 30 fois plus lourd que le poids, qui sépare les ailerons. Un aileron à géométrie variable, comme le système ADAC des ailerons FYN, adapte sa cambrure et son angle d'attaque à chaque phase de la vague : en bassin d'essai, FYN mesure 1,5 fois plus de vitesse et 2 fois plus de propulsion qu'un aileron statique de même surface.

Poids statique ou poids dynamique : le critère qui compte

Le poids statique se lit sur une balance et nourrit beaucoup d'arguments commerciaux. Son effet sur la glisse est pourtant minime : un verre d'eau bu avant la session pèse plus que l'écart maximal constaté entre deux ailerons de technologies différentes.

Le poids dynamique n'est visible que dans l'action : c'est la résistance à l'avancement que l'aileron oppose à la planche. Un aileron dont l'angle est inadapté à la direction de l'eau, ou qui décroche, produit une traînée qui peut passer de 70 g à 900 g dans les mêmes phases de vague. Une planche équipée de trois ailerons passe donc de 0,2 kg à 2,7 kg de freinage selon l'adaptation de ses ailerons à la trajectoire ; l'écart de poids statique, de l'ordre de 0,1 kg, est 30 fois plus faible.

Tourbillons de décrochage derrière deux ailerons latéraux à angle de toe fixe
Ailerons latéraux à angle fixe : l'un des deux travaille toujours à contre-courant et décroche (tourbillons en rose).
Deux ailerons dynamiques parallèles orientés tous les deux dans le flux
Ailerons à géométrie variable : les deux s'orientent dans le flux, l'écoulement reste attaché et la traînée reste faible.

Portance et traînée d'un aileron : ce que disent les courbes

Les courbes ci-dessous sont calculées avec le logiciel Heliciel pour un aileron de surf aux vitesses de la glisse (1 à 6 m/s). Elles comparent un profil symétrique (NACA 0008) et un profil cambré (NACA 9505), les deux familles entre lesquelles les concepteurs d'ailerons doivent trancher.

  • En ligne droite (incidence nulle), le profil symétrique traîne 0,7 N ; le profil cambré traîne 8 N. Sur un twin dont les deux ailerons ont un angle de toe de 4°, la résistance atteint 9 + 9 = 18 N, soit près de 2 kg à pousser en bout de jambes.
  • En virage, le profil symétrique doit atteindre 40° d'incidence pour fournir 120 N de portance ; le profil cambré donne 120 N dès 10° et 160 N à 15°. L'arrière de la planche glisse donc quatre fois moins avant que l'aileron n'accroche.
  • Au-delà de 30° d'incidence, quel que soit le profil, l'écoulement décroche et la portance s'effondre : c'est le spin out.

Le profil idéal est donc symétrique en ligne droite et cambré en courbe. C'est exactement ce que fait un aileron à géométrie variable : le système ADAC aligne l'aileron à incidence nulle quand la trajectoire est parallèle à l'axe de la planche, puis le cambre dans le sens de l'appui dès qu'une composante latérale apparaît. La traînée supprimée en ligne droite sur le twin de l'exemple vaut 18 − 1,4 = 16,6 N.

Valeurs comparées de deux profils d'aileron (Heliciel)

Aileron de surf à 3 m/s dans l'eau ; profil symétrique NACA 0008 et profil cambré NACA 9505
SituationProfil symétriqueProfil cambréGéométrie variable (ADAC)
Traînée en ligne droite (incidence 0°)0,7 N8 N0,7 N (profil aligné)
Incidence pour 120 N de portance40°10°10° (profil cambré)
Portance à 15°≈ 60 N160 N160 N
Décrochage> 30°> 30°repoussé par le pivotement du profil
Twin à 4° de toe, ligne droite2 × 9 N = 18 N1,4 N

Un aileron plus fin est-il plus rapide ?

Aux vitesses du surf, non. Entre un profil de 6 % d'épaisseur relative et un profil de 15 %, l'écart de traînée à incidence nulle est de 20 g à 6 m/s (21,6 km/h). À titre de comparaison, la traînée de frottement de la planche seule, sans aileron, avoisine 15 N (1,5 kg) à 3 m/s : dix-huit fois la traînée d'un aileron.

L'épaisseur apporte en revanche de la portance aux faibles incidences : 16 N (1,6 kg) de plus à 15 % d'épaisseur qu'à 6 %. Un peu d'épaisseur sert donc l'accroche et la propulsion, et elle permet aussi des bords d'attaque souples qui ne coupent pas (voir la sécurité des ailerons).

Courbes Heliciel de portance d'ailerons de 6, 10 et 15 % d'épaisseur selon l'angle d'attaque
Portance selon l'angle d'attaque pour trois épaisseurs de profil : 56, 58 et 72 N à 15° (calcul Heliciel).

D'où vient la relance : la portance projetée vers l'avant

Un aileron correctement cambré et orienté se comporte comme un planeur : sa portance n'est pas seulement un appui latéral, elle possède une composante dirigée vers l'avant qui accélère la planche. C'est le drive. Sur un aileron rigide, cette composante n'existe que dans l'étroite plage d'angles pour laquelle le shaper a réglé le toe et le cant ; dès que la trajectoire change, l'aileron opposé travaille à contre-courant.

La cinématique du système ADAC bascule la direction de la portance vers l'avant à chaque variation de trajectoire. Deux effets en découlent : une aptitude naturelle à produire de la vitesse par des ondulations latérales (le pompage horizontal, comparable au battement d'une queue de dauphin) et une accélération dans les virages qui ouvre des enchaînements impossibles sans relance. En bassin d'essai, FYN mesure 2 N de poussée pour l'aileron dynamique contre 1 N pour un aileron statique de même surface.

Schéma du système ADAC : angle d'attaque et cambrure variables de 0 à 35 % selon la direction du flux
Le système ADAC : l'angle d'attaque et la cambrure (0 à 35 %) suivent la direction du flux et projettent la portance vers l'avant.
Trois ailerons dynamiques orientés dans le flux pendant un virage
En virage, les trois ailerons s'orientent ensemble dans le flux : aucun ne travaille à contre-courant.

Les critères d'un set d'ailerons performant

  1. Profil adapté à chaque phase : fin et symétrique en ligne droite, cambré en appui ; la géométrie variable réunit les deux.
  2. Pas d'antagonisme entre ailerons : des ailerons qui s'orientent ensemble évitent qu'un aileron freine pendant que l'autre accroche.
  3. Accroche sans décrochage jusqu'aux virages les plus serrés, pour ne pas perdre l'appui au moment où il compte.
  4. Relance : une portance projetée vers l'avant, exploitable par le pompage horizontal et les virages coupés.
  5. Position du centre de portance proche de la planche et appui centré, pour limiter le dévers et renforcer la prise de rail (voir choisir ses ailerons).
  6. Sécurité : des bords effilés mais souples et une pièce fusible protègent le surfeur et la planche ; FYN la compte parmi les performances.
  7. Compatibilité avec les boîtiers existants : FCS, Future et US box.

Les sets FYN sont composés selon ces critères : Thruster classique (2 statiques + 1 dynamique), Quad puissant, New Fish (2 dynamiques), Dynamics parallèles (3 dynamiques), Set Longboard et le set d'été Sécurité (3 statiques à parties souples). Les mesures de bassin et les essais comparatifs en wake surf, sur vague constante, ont servi à les mettre au point avant les tests de surfeurs en France, en Espagne, au Portugal, au Brésil et aux États-Unis.

Questions fréquentes

Un aileron de surf plus léger est-il plus performant ?

L'écart de poids entre deux ailerons dépasse rarement 0,1 kg, alors que l'écart de résistance à l'avancement entre un aileron bien orienté et un aileron qui décroche atteint 0,8 kg par aileron. La performance se joue sur le « poids dynamique », pas sur la balance.

Quel est l'aileron de surf le plus performant ?

Celui dont le profil reste symétrique en ligne droite et devient cambré en appui, sans décrocher dans les virages serrés. Un aileron rigide ne peut remplir qu'une de ces conditions ; un aileron à géométrie variable comme le FYN Dynamic (système ADAC) les remplit toutes en adaptant sa cambrure et son angle d'attaque à la trajectoire.

Comment mesure-t-on la performance d'un aileron ?

Par des essais comparatifs à conditions constantes : traction et chronométrage en bassin d'essai, puis wake surf sur vague constante pour écarter la variabilité des vagues. FYN a mesuré ainsi 1,5 fois plus de vitesse et 2 fois plus de propulsion que l'aileron statique de référence, avant de faire tester ses prototypes par des surfeurs de niveaux et de styles variés.

Peut-on calculer soi-même la portance et la traînée d'un aileron ?

Oui : le calculateur de portance et de traînée en ligne donne les forces d'un profil selon sa surface, sa vitesse et son incidence, et le logiciel Heliciel trace les courbes complètes d'un aileron, d'un foil ou d'une dérive selon le profil et l'angle d'attaque. Pour un projet précis, Mecaflux propose aussi l'étude de votre projet ou une formation sur le logiciel.